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 REBREANU Liviu

La liste des ouvrages de Liviu Rebreanu traduits en français par Jean-Louis Courriol continue donc de s'allonger et c'est là une excellente chose pour ce grand écrivain roumain, considéré comme un des auteurs majeurs de la littérature du XXème siècle (Voir Les Nouvelles de Roumanie, n°4, mars-avril 2001). « Métropole » vient ainsi à la suite de « Madalina » (titre roumain : « Ciuleandra ») publié en 1992 chez J. Chambon, de « Deux d’un coup » (« Amindoï) paru en 1995 chez Noir sur Blanc et de « La bête immonde » (Gorila), chez Canevas (1995).
Il reste cependant regrettable que les œuvres essentielles de Rebreanu ne soient pas aisément accessibles aux lecteurs francophones, car c’est avec « Ion le Roumain » (1920), « La forêt des pendus » (1922), « l’Insurrection » (1932), que l’écrivain a atteint la notoriété et le sommet de son art. Seules de vieilles éditions donnent à lire ces romans du plus grand intérêt et c’est donc en fouinant chez des bouquinistes ou dans des bibliothèques, à moins de les emprunter chez des amis bibliophiles que, par chance on peut leur tomber dessus (« Ion » chez Plon, 1945, « L’insurrection » au Club Bibliophile de France, 1960…).C’est par ces œuvre là que la force analytique et descriptive de Rebreanu apparaît le plus nettement, notamment lorsqu’il s’agit des fresques du monde paysan, comme « Ion » ou « L’insurrection ».Le regard lucide, parfois amusé, de Rebreanu sur les Roumains et son époque
Liviu Rebreanu (1885-1944) est à nouveau au cœur de l’actualité littéraire, puisque vient de sortir, en co-édition franco-roumaine (Autres Temps-Paralela), un des ses ouvrages intitulé « Métropoles », traduit du roumain par Jean-Louis Couriol. La particularité de cette œuvre est d’avoir été censurée sous le régime communiste et de ne plus avoir été publiée dans sa langue d’origine depuis la chute de Ceausescu, en décembre 1989. Il s’agit donc d’une découverte pour les lecteurs francophones qui peuvent retrouver dans ce texte, qui n’est pas un roman, une série de notes prises au cours de séjours à Berlin, Rome et à Paris, dans les années 20, par l’un des plus grands écrivains roumains.
« Les Roumains font des efforts colossaux pour oublier qu’ils sont Roumains »
« Métropoles » est un livre plein de renseignements utiles et amusants qui permet d’appréhender le caractère roumain, notamment par sa confrontation à l’étranger. Ainsi Rebreanu observe-t-il que «  Les Roumains, en tout cas, font des efforts colossaux pour oublier qu’ils sont Roumains. Ils modifient leurs noms pour donner l’impression qu’ils sont francisés et se donnent toutes les peines du monde pour devenir plus Parisiens que les Parisiens »... Et de conclure : «  Il n’y a que nos juifs qui se contentent d’être Roumains et revendiquent avec fierté cette qualité ».
« La Roumanie n’a pas bonne presse à Paris »
Par ailleurs, ses analyses faites dès les années 20 anticipent sur des comportements, des traits de caractère, qui se vérifieront ultérieurement… Par exemple que les Roumains n’ont pas la fibre révolutionnaire. « Notre peuple est capable de supporter toutes les impostures, toutes les oppressions, tous les martyres. Il faut qu’il soit menacé de périr pour qu’il connaisse de violents accès de feu et de sang. Et cela ne fait jamais une révolution, c’est un simple moyen de se défendre en détruisant et de demander merci à grands cris qui montent jusqu’au fond du ciel. ».
On relève également cette observation qui ne dénote toujours pas de nos jours : « La Roumanie n’a pas bonne presse à Paris. En dehors de quelques journaux sérieux et plus ou moins officieux, donc peu lus, tous écrivent sur nous avec une hostilité visible et ne publient que des nouvelles défavorables. »
« Nous sommes un peuple ancien à l’âme adolescente »
Cet ensemble de réflexions auxquelles pourraient s’ajouter celles sur la latinité des Roumains ou sur le développement historique de ce peuple (« Nous sommes un mixte paradoxal de peuple ancien à l’âme adolescente. ») rend cette lecture passionnante et des plus significatives. Il n’en va pas de même des analyses politiques de Rebreanu quant au fascisme italien. Quelques pages agacent par leur superficialité, ce qui est pourtant très peu caractéristique de cet auteur généralement très maître des informations qu’il énonce et plutôt doué de clairvoyance, comme il le montre dans l’analyse de la situation allemande de la même époque. Le fascisme est ici entrevu de façon théorique et idéalisée, bien loin de sa manière brutale et intolérante. Quoiqu’il en soit de ce tropisme fréquent chez nombre d’intellectuels dans l’Europe des années 20, Rebreanu n’en reste pas moins convaincu que nous ne trouverons notre salut que dans une véritable démocratie, sincère, nationale, exempte de toute exagération et de toute surenchère démagogique, adaptée aux besoins et aux traditions naturelles du peuple roumain. ».
 
 
Bernard Camboulives
 
 
« Métropoles » de Liviu Rebreanu, traduit par Jean-Louis Courriol (2001).
Roumanie : Editions Paralela 45 (strada Fratii Golesti 128-130, Pitesti 0300).
France : Editions Autres Temps (97 avenue de la Gouffonne, 13 009 Marseille, tel : 04 91 26 80 33). Prix : environ 15 euro. Disponible en librairie

 

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