Selon un projet du gouvernement
La Roumanie sera divisée en huit régions

Cozmanca a précisé qu’il ne s’agit pas d’une fédéralisation de la Roumanie, car les structures en question sont “des régions de développement et non pas des régions administratives territoriales”. Les gouverneurs seront nommés par l’exécutif sur proposition des Conseils de développement régional. Leur mandat sera de quatre ans. Les attributions seront établies par une décision de gouvernement, mais il est acquis que leur principale responsabilité est le monitorage des fonds européens. Octav Cozmanca a souligné que le motif de la création de ces structures est “la simple nécessité de surveiller la façon dont est dépensé l’argent de l’UE, en conformité avec sa destination”. Une exigence européenne Sur demande de l’UE, la Roumanie a été divisée en huit régions administrées par une agence de développement. Celles-ci ne représentent pas des unités administratives comme les départements. L’importance de la région a été, dès le début, un sujet controversé, la régionalisation étant associée par divers politiciens à la fédéralisation et voire au démembrement de la Roumanie. Les craintes ont été amplifiées par les événements de l’ex-Yougoslavie, notamment par la crise au Kosovo. Ultérieurement les esprits se sont calmés. À présent, les agences de développement élaborent les plans d’investissement qui sont approuvés par un conseil composé des représentants des conseils locaux. Les huit agences sélectionnent, évaluent et surveillent l’application des projets financés par l’UE. Pour et contre L’annonce de Cozmanca a provoqué peu d’enthousiasme parmi les politiciens roumains, mais elle a été saluée par les officiels européens. Ainsi, le chef de la Direction générale de l’élargissement de la Commission européenne, Eneko Landaburu, qui a effectué à Bucarest une visite de deux jours, a estimé que la régionalisation peut être un moyen “excellent” pour rapprocher les citoyens des politiciens, mais a ajouté que l’UE ne se mêle pas des affaires intérieures d’un pays. Cependant, le président Ion Iliescu ne partage pas le même avis. “Une Union européenne composée de régions, ignorant l’unité étatique, serait impossible à coordonner car les communautés locales sont des éléments constitutifs de l’État et l’État doit agir en faveur des citoyens”, estime Ion Iliescu. Le président s’est dit “l’adversaire ouvert de la sortie de l’une ou autre des zones de la Roumanie, y compris de la Transylvanie, du territoire de l’État roumain”. Cependant, il a admis l’importance de la compatibilité des structures de la Roumanie avec celles de l’Europe et de la création des conditions nécessaires à un développement durable. L’opposition critique les intentions du PSD Un autre signe d’interrogation a été souligné par l’opposition et la presse. Ainsi, selon une chaîne de télévision privée et un quotidien bucarestois, parmi les futurs gouverneurs figureraient certains “barons locaux” du PSD, comme par exemple Nicolae Mischie ou Bebe Ivanovici. Le nom de Mischie a été cité dans le scandale du détournement des fonds Phare et Ivanovici a été accusé d’affaires illégales avec des certificats de révolutionnaires. “Dans d’autres pays européens, les personnes qui exercent des fonctions similaires aux gouverneurs sont élues ou nommées”, a déclaré le député PNL, Viorel Coifan. Il pense que les attributions qui incomberont aux conseils de développement régional contredisent la Constitution et le principe de l’autonomie locale. L’ancien ministre démocrate, Radu Berceanu, a critiqué lui-aussi l’intention de l’exécutif de désigner les gouverneurs des régions. “L’apparition des gouverneurs conduira à l’apparition des barons du PSD régionaux”, a affirmé Berceanu. Il s’est dit cependant d’accord avec le principe de la régionalisation, qui ne signifie pas selon lui la fédéralisation. Le président chrétien-démocrate, Victor Ciorbes, a adopté une position similaire. “Il s’agit de huit princes qui seront désignés par les barons locaux”, a dit Cirobea. Le Parti grande Roumanie a agité le spectre de la désintégration de l’État roumain. “Les tendances de régionalisation de la Roumanie, quelle que soit la forme, peuvent conduire très facilement au démembrement du pays”, a déclaré le député Lucian Bolcas. “La direction du PSD considère qu’il faut ré analyser l’opportunité du projet de la constitution des huit régions, et la modalité de coordination de ces régions”, a déclaré mercredi le secrétaire général du PSD, Cozmin Gusa. Gusa a précisé qu’on a discuté, jusqu’à présent, d’un tel projet, mais qu’une décision définitive n’a pas été prise. “La proposition a été présentée publiquement, nous voulons un bonne solution”, a dit Gusa ajoutant que ce sujet doit être discuté par rapport aux programmes d’intégration et de financement européen. “Les gouverneurs des régions économiques de développement devraient être élus à la suite d’un scrutin auquel participent les conseillers départementaux des départements qui composeront la région en question”, a estimé le président des élus locaux du PSD, Gavril Mirza. Mirza, qui est président du Conseil départemental de Suceava, a déclaré lors d’une conférence de presse que la possible création du poste de gouverneur pour les régions de développement doit être faite en conformité avec la loi. “Il n’est pas possible de nommer une personne qui dirige un organisme élu”, a dit Mirza. Il a dit ne pas être en mesure de se prononcer sur l’opportunité de la création de la fonction de gouverneur régional, qui aurait le rôle d’impulser l’activité des agences de développement régional.

 
  
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