Après l’île aux Serpents et ses réserves de pétrole,
un canal ukrainien pour relier le Danube à la Mer Noire
 
Les autorités ukrainiennes envisagent de construire un canal qui relie le Danube à la Mer Noire par l’estuaire Bystroe qui traverse la réserve naturelle du Delta, pour permettre à leur pays d’avoir une voie d’accès navigable à la mer. Inquiet des conséquences à venir sur l’environnement, le ministre roumain des Affaires étrangères, Mircea Geoana, a sollicité des informations à ce sujet, les avertissant sur leur obligation de consulter au préalable leurs homologues roumaines.
Cette question est le second différent qui oppose les deux pays dans cette région côtière frontalière. Voici deux ans, à la suite de forages à 2,5 km de profondeur en Mer Noire, la CPC, une  compagnie pétrolière ukrainienne avait annoncé la découverte d’un immense gisement de pétrole de grande qualité, dont la réserve est estimée à 10 millions de tonnes, doublée d’une quantité encore plus grande de gaz naturel. Celui-ci étant situé dans le secteur de l’île aux Serpents, qui lui appartient, l’Ukraine a revendiqué la propriété du plateau continental marin voisin. Cette prétention est vivement contestée par la Roumanie, laquelle estime que l’îlot n’est qu’un rocher, n’ouvrant à aucuns droits territoriaux, qui lui a appartenu jusqu’à la Seconde guerre mondiale et dont la situation juridique est floue.
A 45 km en mer, l’île aux Serpents fait face au port roumain de Sulina. Longue de 700 mètres et large de 440 mètres, elle occupe 17 hectares. Sans aucune ressource propre, elle a servi de point d’appui pour la pêche côtière et de base militaire pour les Soviétiques. Aujourd’hui, elle abrite une station de recherche radio dépendant de l’Armée ukrainienne.
 Le différent a été porté devant la Cour International de Justice de La Haye, des milliards d’euros étant en jeu. Dans l’attente d’une décision, les deux parties ont convenu de ne pas entreprendre l’exploitation des gisements. Mais l’Ukraine fait le forcing pour convaincre l’opinion mondiale que le rocher contesté, qui ne possède pas de ressources d’eau, est bien une île.
Une équipe de 50-60 personnes a commencé à y construire des infra-structures, dont un mini-dispensaire de deux médecins, un bureau de poste, une station de réception de télévision par satellite, de téléphone et d’Internet. Kiev envisage également de financer une expédition archéologique pour retrouver la trace d’un temple grec, justifiant une présence scientifique permanente, et l’édification d’un petit musée.
  
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