Changer l'image!

      

Que ce soit en France, Italie, Grande-Bretagne, et plus récemment en Belgique, les Roumains reviennent à la une des journaux, principalement de ceux qui flattent les instincts les plus sommaires de leurs lecteurs, misent sur la peur, sur l'insécurité, pour entretenir leurs chiffres de vente. Qu'importe que la délinquance dénoncée - mendicité, prostitution - réelle, et qu'il faut stopper net, mais montée en épingle, représente surtout une violence à l'égard de ceux qui en sont victimes, exploités par des réseaux  de compatriotes mafieux… la Roumanie devient la représentation du " mal " en Europe.

Qu'importe qu'elle soit principalement le fait d'une minorité bien identifiée - les Tsiganes - dont les conditions de vie sont certes épouvantables, mais relèvent pour s'en sortir, tout autant d'une volonté interne, européenne, que d'une prise de conscience de cette communauté sur son adaptabilité… la Roumanie est immédiatement montrée du doigt, sans qu'on cherche à en savoir plus sur ses difficultés réelles.

Pour près de 400 millions d'Européens nantis, elle est présentée comme infréquentable, sans autre forme de procès. Indésirable même au yeux de certains, comme en Autriche, où on envisage d’interdire l’espace de  Schengen aux citoyens roumains et bulgares, quitte à les rejeter derrière un nouveau rideau de fer auquel les Autrichiens ont eu la chance d'échapper pendant le demi-siècle précédent.

Bien sûr, cette caricature de tout un peuple laisse des traces profondes. En Roumanie même, où  l’accablement le dispute à la résignation. En France, où les Roumains et citoyens d'origine roumaine, qui ont tant apporté à la société, ces deux derniers siècles, baissent la tête et souffrent dans leur fierté.

Mais, puisque, apparemment, il ne faut pas attendre des médias occidentaux qu'ils réfléchissent sur leur responsabilité quant aux clichés injustes qu'ils véhiculent de la Roumanie, de qui peut-on espérer une réaction, sinon des Roumains eux-mêmes ? Malheureusement, aussi bien à Bucarest que dans les ambassades, on se semble pas conscient de l'ampleur de l’effet dévastateur de cette image. Du moins, n’y prend-on aucune mesure sérieuse - campagne d'information, de communication - pour la redresser.

Pourtant, comme l'ont montré les récentes Assises franco-roumaines de Villefranche de Rouergue, la Roumanie dispose d'un réseau de nombreux et fidèles amis occidentaux qui ne demandent qu’à se mobiliser pour accueillir des conférences, expositions, spectacles, etc… présentant un autre visage, le vrai celui-là, des innombrables richesses, des espérances de ce grand pays. Sans omettre, d'évoquer ses maux, ne serait-ce que pour l'aider à mieux les dépasser.

                                                                                     Henri Gillet

 

  
Classement de sites - Inscrivez le vôtre!