Durcissement des contrôles aux frontières
Pour les six premiers mois de l’année, les services roumains de police aux frontières ont refoulé 370 000 de leurs concitoyens, soit le double, par rapport à la même époque, de l’année dernière, 2 860 000 étant autorisés à sortir du pays. Les raisons invoquées sont l’impossibilité de subvenir à ses besoins (100 € par jour pendant 5 jours sont, en principe, exigés pour accéder à l’Espace Schengen) ou de prise en charge, d’assurance médicale et de billet aller-retour.
D’autre part, 3500 Roumains n’ont pu pénétrer dans l’Espace Schengen, soit 36 % de moins que l’an passé, refoulés pour la plupart à l’entrée de l’Autriche, de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, le but de leur voyage n’étant pas clair ou bien étant sous le coup d’une interdiction d’entrée dans le pays.
Par ailleurs, toujours pour la même période, un peu plus de 9000 nationaux ont été renvoyés en Roumanie à la suite des accords de réadmission signés par Bucarest avec plusieurs pays, soit deux fois plus qu’en 2002. Ces personnes se sont vu retirer l’usage de leur passeport pour un maximum de cinq années, certaines faisant l’objet de poursuites pénales pour les infractions qu’elles avaient commises à l’étranger.
D’après la Police des Frontières, la tentation de partir en Occident pour travailler au noir ou y mendier se maintient, particulièrement chez les plus démunis, et les moyens pour y parvenir n’ont pas changé : voyage « touristique », « camataria » (les transporteurs prêtent à des taux prohibitifs la somme d’argent à présenter au passage de la frontière), passages illicites favorisés par des firmes de transport international en cheville avec des transporteurs effectuant des liaisons régulières dans les pays voisins. Au cours de ces six premiers mois, 24 filières de migration illégale, impliquant 118 personnes, ont été démantelées, ainsi que 14 filières de trafic humain, permettant l’interception de plus de 500 prostituées et 453 mendiants, et l’arrestation de 42 trafiquants.
 
L’aide du maire, de la police locale et du curé sollicitée
 
Commentant ces chiffres, le ministre de l’Intérieur, Ion Rus, tout en indiquant que, d’une manière générale, les Roumains ne participaient pas au grand banditisme mais à « une délinquance de vitrine », tapageuse et qui nuisait à l’image du pays, a indiqué qu’il allait essayer d’impliquer les autorités locales et des judets dans la lutte contre l’immigration clandestine. « Les maires, la police, le curé, peuvent savoir ce que font leurs administrés, leurs habitudes, quelles sont les familles à problèmes et identifier ceux qui pourraient éventuellement commettre des infractions » a-t-il déclaré. 
  
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