Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale,
des soldats roumains ont participé à une opération militaire
Le syndrome afghan des « Scorpions rouges »
 
Le ministère de la Défense nationale a rendu en partie public un rapport effectué par des psychologues militaires auprès du premier contingent de soldats revenant d’une mission d’une durée de six mois dans le cadre de la mission « Enduring Freedom » (« Liberté Immuable »), en Afghanistan. Les 400 membres du 26ème Bataillon d’Infanterie « Negaoe Basarab » de Craiova, rebaptisés les « Scorpions rouges » par les Américains et basés à Kandahar, participaient ainsi à la première opération militaire roumaine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (la Roumanie avait refusé d’intervenir en Tchécoslovaquie en 1968, aux côtés des autres pays de l’Est et de l’URSS).
Les soldats se sont plaints des fortes chaleurs (jusqu’à + 56 ° en été), des différences de température énormes entre le jour et la nuit, de la sécheresse, ainsi que du manque de confort et d’espace personnel, étant logés à dix ou douze sous des tentes. Ces conditions ont créé un état de fatigue dans la troupe, aggravé par la fourniture d’un matériel inadéquat les deux premiers mois, avec notamment, des uniformes et des chaussures qui n’étaient pas aux tailles voulues.
Si la quantité de nourriture était suffisante, sa qualité a été unanimement décriée à cause de son goût insipide et synthétique. Dès qu’un soldat recevait un paquet de chez lui, il se confectionnait son propre repas en utilisant également la ration du jour. L’interdiction de consommer la moindre goutte d’alcool ou de bière, imposée par les Américains, a été également durement supportée.
L’ennui, lors des jours de repos, la monotonie de la vie quotidienne, l’absence de libre circulation, ont renforcé le sentiment de réclusion des soldats, enfermés dans un camp fortement gardé, entouré de fils barbelés, dont ils ne pouvaient sortir qu’en patrouille ou en mission. Le déracinement, l’éloignement de la famille ont ajouté au spleen ambiant - appelé « syndrome afghan » par la presse roumaine - qui n’a été rompu que par l’organisation de deux spectacles, de quelques fêtes… et l’apparition de la pluie.
Néanmoins, le rapport note que la majorité des « Scorpions rouges » ne regrettaient pas leur mission, non seulement d’un point de vue financier - leurs soldes étaient nettement supérieures à celle du simple soldat roumain - mais aussi par l’expérience professionnelle et personnelle qu’elle leur avait apportée.
  
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