Europe et élections, priorités du gouvernement Nastase remanié

             

Adrian Nastase a finalement obtenu le feu vert du Président Iliescu pour remanier son gouvernement. Un remaniement limité puisqu'il n'entraîne que le départ de dix ministres et l'arrivée de cinq nouveaux. Finalement quinze des vingt ministres entourant le chef du gouvernement restent en place dans une équipe resserrée, donnant naissance à des super-ministères.
Quatre ministres en vue disparaissent. L'un, Octav Cozmanca, “poids lourd” qui avait en charge l'Administration, est appelé à jouer un rôle essentiel dans les prochains dix-huit mois. Devenant président exécutif du Parti Social Démocrate, parti omnipotent conduit directement par le Premier ministre, il sera chargé de le mettre en ordre de marche en vue des élections générales, présidentielles et législatives, de fin 2004.
Pour ce faire, il sera assisté de l'ex-ministre du Tourisme, Dan Agathon, brocardé pour ses initiatives - transformer les rives de la Mer noire en Riviera, créer un Dracula Land - et surnommé par la presse “ministre des palmiers” ou “des vampires”.
Mais, pour Daniela Bartos, ministre de la Santé, et Ecaterina Andronescu, ministre de l'Education, l'éviction du gouvernement sanctionne un échec dramatique, avec des résultats tragiques pour les Roumains : le système de santé a explosé, les malades ont le plus grand mal à se faire admettre à l'hôpital et à obtenir des médicaments ; la déliquescence des universités, la baisse générale du niveau de l'enseignement, son dénuement, font peser les plus grandes menaces sur l'avenir d'une institution qui a fait autrefois la fierté du pays. Leur incompétence était-elle cependant seule en cause et leurs remplaçants réussiront-ils à faire bouger leurs administrations ?
Une autre femme devait les rejoindre dans la charrette des "condamnées". Rodica Stanoiu, à la tête du ministère le plus controversé - la Justice - lequel, aux yeux de l'opinion, mais aussi de Bruxelles, symbolise la corruption, ne doit d'avoir sauvé sa tête que grâce à l'insistance personnelle du Président Iliescu.
L'échéance électorale n'est toutefois pas la seule priorité de ce gouvernement qui se veut plus efficace. L'Union Européenne s'impatiente devant le retard ou l'incohérence des réformes engagées et presse la Roumanie d'accélérer le pas si elle veut en franchir la porte en 2007, comme prévu. Bruxelles ne lui a toujours pas accordé le statut d'économie de marché, même si Washington s'est montré plus compréhensif, en remerciement pour son soutien dans la guerre d'Irak.
Entrer en Europe se révèlera sans-doute beaucoup plus difficile qu'intégrer l'OTAN. Voilà le principal défi que le cabinet Nastase II doit relever.                                                                                                       Henri Gillet
  
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