Philippe Etienne, ambassadeur de France à Bucarest,

        rappelle « le rôle d’avant-garde joué par Paris auprès de la Roumanie »

Dans une tribune adressée au quotidien Adevarul (« La Vérité ») Philippe Etienne, le nouvel ambassadeur de France en Roumanie, s’est efforcé de relativiser les divergences apparues entre les deux pays à l’occasion du conflit irakien et de rassurer les partenaires roumains dont l’émotion était aussi grande que leur francophilie traditionnelle.

Le diplomate a expliqué longuement la position française aussi bien vis à vis de la guerre en Irak, de l’OTAN, que de la construction européenne et a évoqué la place importante que la Roumanie était appelée à avoir dans une Europe élargie, aussi bien de par sa position géostratégique que par son potentiel de développement et le poids de sa population.

Mais, histoire sans-doute de ramener à de meilleurs sentiments et au sens des réalités ceux qui à Bucarest ont profité de cette crise pour commencer à décrier la « grande sœur », encouragés en sous-main par les Américains (« ndlr »), Philippe Etienne a rappelé le rôle irremplaçable joué par Paris depuis des années, aussi bien pour aider la Roumanie à se reconstruire que pour ancrer son destin au sein du monde occidental et de l’Europe.

« La France a toujours été à l’avant-garde des partisans de l’intégration de la Roumanie dans l’Alliance Nord-Atlantique et dans l’Union Européenne » écrit-il, enchaînant : « Elle a joué un rôle actif dans la décision de renoncer à l’obligation de visas Schengen à l’égard des citoyens roumains pour les séjours de courte durée. Récemment, lors du sommet européen de Copenhague, elle a milité pour que dans le calendrier d’adhésion à l’UE de la Roumanie et de la Bulgarie, 2007 devienne un objectif commun - un objectif ambitieux – à tous les membres de l’Europe élargie.

Deuxième contributeur au budget communautaire, derrière l’Allemagne, elle a aidé aussi à la croissance substantielle des fonds de pré-adhésion destinés à la Roumanie (un milliard d’euros en 2006, ce qui représente plus de 2 % du Produit National Brut roumain).

Des dizaines d’experts français travaillent sur les grands chantiers des réformes dans le pays, à commencer par la Justice et l’Administration publique. Les grandes entreprises françaises ont été les premières à avoir eu confiance dans l’avenir de l’économie roumaine et beaucoup d’entre elles ont fait de la Roumanie une de leurs principales bases de développement international.

Départements et communes des deux pays sont liés par des centaines d’accords, nos gouvernements ayant décidé de les mobiliser en organisant bientôt des réunions en vue d une coopération décentralisée.       

La Roumanie est, dans la région, notre premier partenaire dans les domaine militaire et politique, comme le montre l’inauguration récente de l’école d’application pour les officiers de gendarmerie à Bucarest. Nous coopérons de manière exemplaire dans le domaine du contrôle des flux migratoires. Enfin nos deux pays sont liés profondément par leur appartenance à la communauté francophone ».
  
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