Trente deux ans après, le premier opéré du cœur des pays de l'Est a retrouvé le chirurgien
qui lui avait sauvé la vie
Horia Samarghitan a été le premier Roumain, mais aussi le premier patient des pays de l'Est, opéré du cœur. Il avait seize ans et était arrivé en 1970 dans un  état désespéré au Cap (Afrique du Sud), à la clinique du professeur Marius Bernard, le frère du célèbre Christian Bernard qui avait réalisé trois ans plus tôt la première greffe du cœur.
32 ans après Horia, bien portant, a retrouvé celui qu'il considère comme son "second père", lors d'une visite que celui-ci a effectué en novembre à Bucarest.
Dès sa naissance, le garçon souffrait d'une malformation cardiaque très grave qui empêchait une circulation normale du sang. Il ne pouvait pas effectuer plus de deux pas, car il s'écroulait épuisé. Il passait donc ses journées allongé, n'avait pas la force de jouer avec ses petits camarades. Pourtant, chaque jour, sa mère, professeur de mathématiques, petite femme fluette d'1 m 54, le portait dans ses bras jusqu'à l'école. Horia était le premier de la classe, passant plus tard son bac. Il suivra ensuite les cours de la faculté du bois.
 
Voyage jusqu'au Cap
Mais à 16 ans, son cas était désespéré. Sa mère avait écrit au professeur Marius Bernard qui avait accepté de l'opérer en priorité. Le plus difficile sera d'obtenir les autorisations de sortie du pays et de réunir l'argent nécessaire au voyage. Horia était entré en salle d'opération en état de mort clinique, sauvé de justesse par l'application de chocs électriques. L'opération fut une réussite totale. Du jour au lendemain, Horia put avoir un rythme de vie normal, ce qu'il n'avait jamais connu. Aujourd'hui, il a quarante huit ans, est marié et a des enfants. Plus de 400 Roumains se sont inscrits ensuite sur les listes d'attente du professeur Bernard.
Il s'agissait de la cinquième visite du cardiologue en Roumanie, pays qu'il apprécie et où il s'efforce d'ouvrir une clinique de chirurgie cardiaque pour les enfants. A cette occasion, l'éminent spécialiste s'est vivement élevé contre les nombreuses campagnes publicitaires incitant les jeunes Roumains à fumer.