Un syndicat devient banquier et assureur pour offrir des services à prix réduits à ses adhérents

 
Deuxième formation syndicale du pays avec 400 000 adhérents estimés, le BNS (Bloc National Syndical) de Dumitru Costin a décidé de rentrer dans les affaires en achetant pour 1,4 M€ (10 MF) d’actions de la banque Eurom, devenant son huitième actionnaire, entrant également dans le capital de la société d’assurances Croma. Il s’agit de la deuxième tentative de ce genre du syndicat, proche autrefois du Parti Démocrate de Petre Roman, mais plus ou moins rallié au Premier ministre Adrian Nastase.
Le BSN entend profiter de ce nouveau positionnement pour fidéliser ses adhérents en leur offrant divers avantages : taux d’intérêts bancaires préférentiels, assurances moins chères. Il veut également leur proposer toute une gamme de services meilleur marché en créant rapidement un réseau de magasins discount, dont les prix seraient basés sur l’élimination de la pratique des intermédiaires.
Début janvier, le syndicat prévoit de lancer une enquête nationale pour mieux connaître ses adhérents, leurs familles, leurs besoins et leur offrir des services adaptés d’information, consultation, assistance, notamment dans le domaine de la recherche d’emploi.
Ces initiatives ont entraîné des réactions contrastées dans le milieu syndical. Un dirigeant du Cartel Alfa a estimé que si l’argent drainé par le BNS servait bien les syndiqués, sans terminer dans la poche de quelques uns, l’idée de faire des investissements avec les cotisations de leurs membres était la seule chance de survie des syndicats, vue la faiblesse de leurs ressources. Par contre, le leader du syndicat des mineurs a indiqué que seule la négociation correcte des contrats collectifs pouvait améliorer le sort des travailleurs.