Cornul si lapte » : un petit-déjeuner chaud à servir à tous les enfants du primaire… et qui complique la vie des écoles

 A l’occasion de la rentrée, le gouvernement a lancé une vaste campagne à travers tout le pays, baptisée « Cornul si lapte » ( « Croissant et lait ») destinée au million d’enfants de 7 à 11 ans qui fréquentent les établissements primaires. Chaque école doit obligatoirement servir à ces élèves un petit-déjeuner chaud, lors de la récréation de 10 heures (les cours commencent à 8 h). Cette mesure de protection sociale a été prise devant l’aggravation de la situation financière de nombreuses familles et la progression de la pauvreté qui se traduit souvent par une malnutrition chez les enfants.
Tout début septembre, les directeurs d’écoles et les maires ont été convoqués par les préfets de judets pour se voir confier la responsabilité de la mise en place de l’opération, la rentrée s’étant effectuée le 16 de ce même mois. Toutes leurs remarques ou suggestions ont été écartées, notamment celles de donner directement aux parents ou mairies la somme correspondante (7000 lei, soit 0,22 €, 1,45 F) par enfant, sous prétexte que l’argent seraient bu par les uns ou détourné par les autres. Des maires avaient proposé, en vain, que le lait soit acquis auprès des paysans de leur commune, lesquels n’arrivent souvent pas à le vendre et le commercialisent à 4-5000 lei (moins de 0,15 € et de 1 F) le litre, au lieu du double ou du triple, et de moins bonne qualité, chez les fournisseurs en gros.
L’attribution de ce marché important a été fait dans la transparence, selon le gouvernement… la presse relevant cependant que les bénéficiaires des contrats étaient le plus souvent, soit des entreprises d’Etat, soit des firmes privatisées dont les nouveaux propriétaires sont membres du PSD (Parti Social Démocrate, au pouvoir).
 
Trouver un local sec et un réfrigérateur
 
Le démarrage de l’opération s’est fait avec difficulté. Des transporteurs qui s’étaient engagés à livrer chaque jour, ne le font plus qu’une fois par semaine ou tous les quinze jours, ne voulant pas faire emprunter à leurs camions des chemins impraticables pour une dizaine de portions. Qu’en sera-t-il cet hiver ?
Le plus souvent, une institutrice est chargée de la réception et de la distribution des produits, en plus de ses cours. Elle a dû subir auparavant analyses et examen médical pour prouver qu’elle était en bonne santé. Souvent, il manque trois ou quatre parts, car la répartition s’est faite dans la précipitation. Quand ils font défaut, les croissants et le lait sont remplacés par des gaufrettes ou des biscuits et du fromage.
Le plus difficile est de trouver un local sec pour stocker les premiers et un réfrigérateur, qu’il faut acquérir, pour le second. Mais les mairies n’ont pas les moyens de cet achat… Souvent elles ne peuvent même pas assurer le chauffage des écoles pendant l’hiver.
  
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