Bush à Bucarest immédiatement après Prague
    Bush à Bucarest immédiatement après Prague
     
    Le président Bush est attendu à Bucarest le 23 novembre, immédiatement après le sommet de Prague qui doit décider de la deuxième vague d’élargissement de l’OTAN. Des milliers de soldats des forces spéciales roumaines vont sillonner la capitale, équipés d’un armement de guerre, la brigade anti-terroriste sera coordonnée directement par les services secrets américains et le FBI. Le stationnement des véhicules dans les artères principales du centre ville sera interdit deux jours avant. Les services secrets roumains surveilleront les personnes suspectes ou fréquentant des cercles douteux. A l’occasion  de la réception du président Bush, les autorités roumaines ont également décidé de convier la population au plus grand spectacle son et lumière que l’on ait vu en Roumanie.
     
    Trous bouchés sur le trajet du président américain
 
Le président US, venant des pays baltes, séjournera six à huit heures sur place avant de regagner Washington. Son itinéraire depuis l’aéroport sera tenu secret, mais pourra être deviné : les Américains ont demandé que les trous sur les routes empruntée par son cortège soient bouchés dès début novembre. George W. Bush prononcera une allocution du haut d’une estrade installée Piata Revolutiei, en face du Sénat… autrefois siège central du parti communiste d’où Ceausescu avait tenu son dernier discours en décembre 1989, avant d’être interrompu par le brouhaha de la foule et la « révolution » qui allait l’emporter. Trois autres lieux proposés par Bucarest avaient été récusés par les Américains : le Palais du peuple jugé trop lié à l’image du dictateur, l’Académie militaire considéré comme un symbole soviétique, la Piata Universitatii… parce que Bill Clinton s’était adressé aux Roumains de cet endroit, en 1977.
Le président Iliescu, qui doit rencontrer aussi Vladimir Poutine cet automne à Moscou, voit dans cette troisième visite d’un président américain en Roumanie, après Richard Nixon et Bill Clinton, le signe que l’Amérique est décidée à donner son aval à l’entrée de la Roumanie dans l’OTAN… ce qui est considéré maintenant comme acquis par les observateurs. Mais on ne peut oublier le précédent de juillet 1997, où après le sommet de Madrid qui avait décidé de la première vague d’élargissement de l’OTAN et recaler la candidature de la Roumanie et de la Bulgarie, Bill Clinton avant fait un détour par Bucarest avant de regagner les USA, afin de « faire passer la pilule » au président Constantinescu, lui assurant que son pays ferait partie du tour suivant.
Le voyage de Bush junior n’est pas non plus dépourvu d’arrière-pensées : il s’agit de remercier un de ses nouveaux alliés les plus fidèles et de le conforter dans ses prises de postions favorables à Washington, notamment sur la très controversée question de l’impunité des Américains devant la Cour Pénale Internationale, en cas de crime de guerre.

 

  
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