Première opération militaire depuis 1945 pour Bucarest

 
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie est engagée dans une opération militaire. Il s'agit de l'Afghanistan, où une unité combattante de 405 hommes a été envoyée pour prendre part au "nettoyage" des poches de résistance des Talibans, aux côtés des forces américaines. Jusqu'ici, Bucarest s'était contentée de participer à des opérations de maintien de la paix, comme au Kosovo.
Il s'agit là d'un changement d'attitude radical de la part du président Iliescu qui, alors qu'il était dans l'opposition, voici 3 ans, avait vertement condamné les facilités accordées aux Alliés par le président Constantinescu, lequel avait autorisé le survol du pays par leur aviation. En se joignant ainsi, de facto, à la lutte contre le régime de Milosevic, la Roumanie s'était attirée la reconnaissance de l'OTAN, à laquelle elle postulait.
"Chouchoutés" dans les médias et par les autorités
Les médias roumains rendent compte régulièrement du comportement de leurs soldats en Afghanistan, devenus des héros, lancés à la poursuite de Ben Laden. Certains journaux ont envoyé des "correspondants de guerre" sur  le "front", le portrait d'une très jolie reportrice du "Gardianul" ("Le Gardien") faisant rêver d'aventures les lecteurs. "Ziua" ("Le Jour"), lui, a promis dix millions de lei (300 E, 2000 F) aux soldats qui lui enverraient les meilleurs reportages sur leur vie quotidienne et les opérations militaires, indifféremment de leurs grades.
Le gouvernement a remis des cartes de téléphone gratuites par satellite permettant à ces militaires de joindre un quart d'heure par semaine leurs familles. Des vacances à la Mer Noire et dans les stations de montagne leur ont été promises à leur retour ou pendant les permissions.
En accueillant sur place les soldats roumains, les Américains n'ont pas fait de détails. Ne comprenant rien aux subtilités de l'histoire de la Roumanie que tentaient de leur expliquer un officier, ils ont rebaptisé derechef le bataillon Neagoe Basarab - du nom d'un voivode lettré du XVIème siècle, auteur du premier livre paru en roumain - ..."The red scorpions" ("Les scorpions rouges"). Les jeunes soldats roumains ont ainsi pu découvrir que la guerre n'était pas seulement l'affrontement par les armes, mais aussi le choc des cultures.
  
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