Maladies imaginaires pour se prémunir contre le chômage
Les « pensionnés précoces »… équivalents roumains des pré-retraités
 
Les Roumains sont de plus en plus nombreux à se ménager une pré-retraite, système qui n’existe pas vraiment en Roumanie, sous le couvert d’une pension de maladie. En 2001, un quart des pensionnés, terme qui veut dire aussi retraité, ont quitté la vie active à l’aide de certificats médicaux. Le phénomène des « pensionnés précoces », âgés le plus souvent de plus de 50 ans, est apparu au lendemain de la « Révolution » de 1989, prenant de l’ampleur au fil des ans pour atteindre une proportion dix fois supérieure dans certaines régions à ce qu’elle était sous le régime communiste.
La peur du chômage, la difficulté de retrouver un emploi après 50 ans malgré quelques mesures prises par le gouvernement pour faciliter le retour des chômeurs âgés sur le marché du travail, l’instabilité économique, ont conduit les Roumains à se ménager cette sortie de la vie active en s’assurant un revenu garanti, même s’il est très faible… conforté le plus souvent par un travail au noir.
A Bucarest, 1400 nouveaux « pensionnés précoces » se manifestent ainsi chaque mois, alors que les nouveaux retraités ne sont qu’entre 700 à 800. Dans le judet de Neamt, 12 000 personnes bénéficiaient d’une pension de maladie en 2001. Elles étaient 8000 dans celui de Botosani, considéré comme le plus pauvre du pays, alors que les retraités y sont au nombre de 140 000… et les actifs de 55 000. Au total, l’année dernière, on dénombrait 410 000 pensionnés pour raison de maladie à travers le pays, dont un quart officiellement pour incapacité physique au travail.
 
Ne pas oublier les « cadeaux » aux médecins
 
Bien sûr, obtenir une pension n’est possible qu’avec la complicité des médecins qu’il ne faudra pas oublier de remercier en leur offrant un cadeau sous forme, par exemple, d’un billet de 50, voire 100 dollars, soit l’équivalent d’un ou deux mois de pension. Les motifs invoqués sur les certificats médicaux sont le plus souvent d’ordre psychique ou les maladies du cœur, suffisamment flous pour ne pas être contredits…mais augmentant les statistiques du pays dans ce domaine.
Le candidat à la pension doit normalement avoir besoin d’une hospitalisation d’une durée de 90 jours, pendant laquelle il sera soigné, puis, bardé de ses certificats, il se présentera devant une commission d’expertise médicale qui ne sera pas, elle non plus, indifférente aux petits cadeaux.
La révision du dossier intervient chaque année, avec toujours un geste de la part du solliciteur, et ce, jusqu’à l’heure de la retraite... En Roumanie, 65 ans pour les hommes avec un minimum de 30 années de travail, 60 ans pour les femmes et 25 années de travail. Rappelons que la durée hebdomadaire du travail est de 40 heures sur cinq jours et les congés légaux sont de 15 jours ouvrables plus l’ancienneté.
  
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